DOIT-ON MUTUALISER LES SERVICES DE COMMUNICATION d'une Ville AU SEIN DE LA COMMUNAUTÉ DE COMMUNES? 2/3

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II

Dans le cas où la mutualisation n’est pas complète et terminée, chaque Ville conserve une partie de son service de communication et tous collaborent dans la CdC. Si les échanges permettent à chacun de se compléter et donc de gagner en efficacité, quelques crispations peuvent néanmoins ressentir. En effet, chacun peut souhaiter défendre ses intérêts. Le Magazine Municipal s’approprie des actions menées par les acteurs de son territoire. La CdC souhaite des modifications pour souligner qu’elle est à l’initiative du projet.

On pourrait bien imaginer, qu’avec un peu d’intelligence, chacun comprenne le point de vue de l’autre. Reste à voir si la situation est tenable, car en matière de gestion des ressources humaines, les relations sont plus compliquées. Mais d’où proviennent ces difficultés relationnelles ?

En matière de communication territoriale, les communicants ne sont pas des journalistes. Schématiquement, ils travaillent pour une Collectivité et non pour la vérité. Cette Collectivité se divise en deux parties : les élus et les services, reliées entre elles par une relation de subordination.

Le communicant, en tant que personnel de service, valorise ainsi les actions menées par les deux parties. Allons plus loin, le communicant peut communiquer pour n’importe quel élu, de n’importe quel parti politique mais il travaille pour un seul élu à la fois. Il dépend fondamentalement de l’élu responsable de la Collectivité. Et ainsi, selon la personnalité de ce dernier, on verra par exemple un journal municipal se transformer en outil de propagande et de personnalisation du pouvoir, ou bien une valorisation discrète des actions menées. Jamais, le communicant ne doit aller contre les intérêts de l’émetteur. Son efficacité est en effet jugée selon l’obéissance aux règles fixées par l’élu ou, à défaut, par de bons résultats aux élections. Structurellement, le communicant travaille pour un émetteur. Pourquoi ne peut-il pas travailler pour deux émetteurs politiques ? Parce qu’il travaille au service d’un élu, c’est-à-dire de quelqu’un qui tient des propos politiques, fondamentalement subjectifs. Le communicant doit s’approprier ces propos pour émettre un discours lisible, clair et cohérent.

En d’autres termes, l’efficacité et la cohérence de la communication ne sont atteintes qu’en respectant le schéma de communication élémentaire :

  • un émetteur (celui qui communique),
  • un positionnement (l’émetteur communique d’une certaine façon, sur un sujet et relativement à d’autres émetteurs),
  • une cible (celui à qui on s’adresse).

Deux émetteurs peuvent bien avoir le même positionnement, mais pas nécessairement. Et c’est bien là que réside les difficultés, voire la schizophrénie des communicants qui travaillent au service de deux émetteurs. Un exemple très simple : lorsqu’un évènement culturel important se déroule sur la CdC, celle-ci s’en félicite. Mais le Maire d’une Commune peut ne pas être satisfait car l’évènement n’a pas eu lieu sur sa Commune, voire il peut condamner la tenue de l’évènement pour des raisons politiques. On imagine déjà les soucis du communicant qui, d’un côté, fait la promotion de l’évènement, et de l’autre le condamne. Mais alors, le problème sera-t-il résolu à la fin de la mutualisation ?

Tant que les Communes et les Communautés de Communes existeront, il y aura toujours deux émetteurs. Une Communauté de Communes n’est pas seulement un territoire géographique. Elle est aussi un territoire administratif et politique. S’il y a une seule équipe de communication, elle travaillera donc pour le Président de la Communauté de Communes. Mais alors, quelle parole pour les autres ?

Le Président de la CdC peut certes conserver une équité dans les espaces de communication réservés pour chaque Ville, mais qu’est-ce qui l’obligera à la faire ? La loi ? Même si la loi l’obligeait, comme elle le fait actuellement pour les partis de l’opposition, on peut douter de l’importance des moyens affectés pour mettre en place la communication qui ne le concerne pas.

On peut donc mutualiser du matériel, mais pas des moyens humains qui sont structurellement au service d’émetteurs potentiellement opposés. Pourtant, la mutualisation est en cours. Alors comment faire pour aboutir à la fois sur un confort de travail pour les communicants et pour un respect de la démocratie ?

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Tags: mutualisation, collectivités, communication

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